La Veuve Joyeuse

Opérette en 3 actes, d'après Henri Meilhac, de Victor Léon et Leo Stein, musique de Franz  Lehar.
Création mondiale à Vienne, théâtre An Der Wien, le 30 décembre 1905.
Adaptation française de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet
créée à Paris, théâtre de l'Apollo le 28 avril 1909.

Vers 1903, deux auteurs viennois, Leo Stein et Victor Léon font de « L'attaché d'Ambassade » d'Henri Meilhac un livret d’opérette. Steininger, secrétaire de direction au théâtre An der Wien, propose alors son ami Franz Lehár d’en composer la musique.

Persuadée d’aller vers un échec, la direction monte l’ouvrage à peu de frais et accorde un nombre restreint de répétitions. Lehár, qui travaille d’arrache-pied, orchestre les dernières pages la veille de la première représentation qui a lieu le 28 décembre 1905 avec Mizzi Günther et Louis Treumann en tête de la distribution.

Le succès fut immédiat et se prolongea 300 fois pour la première série. Un impresario berlinois qui se trouvait dans la salle comprit qu’il tenait là un chef d’œuvre : il décida de monter l’ouvrage à Berlin. La première (1° novembre 1906) fut triomphale et marque le point de départ du succès mondial du chef d’œuvre de Lehár.

La Veuve Joyeuse parut à Londres le 8 juin 1907, à New York le 20 octobre 1907. En 2 ans, nous dit-on, elle fut représentée dans 30 pays, totalisa plus de 18000 représentations.

La première parisienne a lieu le 28 avril 1909 au théâtre de l’Apollo. Le livret avait été " parisianisé " par Gaston Arman de Caillavet et Robert de Flers. C’est Jean Bastia (le père de Pascal), alors secrétaire de Caillavet qui, pour une somme forfaitaire de 500F or, se chargea de la transcription de ce que nous appelons aujourd’hui les lyrics. Et son nom n’apparut pas sur l’affiche !

La Veuve Joyeuse fait courir tout Paris pendant les 200 représentations de la première série. L'opérette viennoise arrivait à son heure et envahit les scènes françaises. L'opérette française mettra longtemps à s'en relever. La Veuve Joyeuse se joua partout en province. Le 17 janvier 1914, le théâtre de l’Apollo fêtait la 1000° représentation en langue française. Avec la 1° guerre mondiale l’ouvrage devint indésirable en France. Il ne réapparut à Paris qu'en 1925... En 1942, le théâtre Mogador s’en empara et en assura plusieurs reprises dans une mise en scène d’Henri Varna : en 1942 avec Jeanne Aubert et Jacques Jansen, en 1951 avec Marina Hotine et Marcel Merkès ; en 1957 avec Jenny Marlaine et Jacques Jansen ; en 1962 enfin avec Geori Boué et Jacques Luccioni. Vingt ans plus tard, elle est montée au Châtelet nouvelle formule.

Synopsis

 L'Ambassade de Marsovie à Paris : L'Ambassadeur Popoff offre une fête pour l'anniversaire de son souverain. Sa femme, la jolie Nadia, tente de résister à la cour pressante que lui fait Camille de Coutançon.

Popoff a des soucis : l'essentiel de la fortune de la Marsovie appartient à une jolie veuve, Missia Palmieri, courtisée par d'innombrables prétendants. Pour que la fortune reste marsovienne, Missia devra épouser un Marsovien. Popoff songe au Prince Danilo Danilovitch, un séduisant diplomate qui s’intéresse plus aux danseuses de chez Maxim’s qu’aux affaires de son pays.

Ce que Popoff ne sait pas encore, c'est que Danilo a été autrefois amoureux de Missia, qu'un malentendu les a séparés et qu'elle a fini par se marier avec le riche et vieux Palmieri, qui a eu la bonne idée de quitter rapidement ce bas monde.

Danilo refuse d'épouser Missia; mais accepte d'éloigner tous les soupirants qui pourraient se présenter. Danilo et Missia se retrouvent, se rendent compte qu’ils sont toujours épris l’un de l’autre, mais refusent de l’admettre.

Le lendemain, réception chez Missia : A Coutançon, réclamant un souvenir, Nadia offre son éventail, après y avoir écrit : "Je suis une honnête femme". Ce qui ne l’empêche pas de suivre son soupirant dans un petit pavillon du jardin. L’indiscret Popoff regarde par le trou de la serrure et croit reconnaître sa femme et Camille. Pendant qu'on va lui chercher la clé, Missia se substitue à Nadia : c'est elle qui est découverte ; elle annonce aussitôt son mariage avec Camille. Danilo, désespéré, s’en va rejoindre les petites femmes de chez Maxim's.

Chez Maxim's : Tout le monde se retrouve dans ce lieu de perdition. Missia raconte à Danilo la vérité sur l'affaire du pavillon. Lorsqu'elle lui avoue qu’elle perd sa fortune si elle se remarie, Danilo n’hésite plus : il la demande en mariage... pour aussitôt apprendre que la dite fortune revient alors au second mari ! Eh bien tant pis ! Ils seront riches et malgré tout heureux !

Popoff, de son côté, est rassuré par l’inscription que Nadia a porté sur l’éventail " Je suis une honnête femme ". Pour combien de temps ?