Ignace

Opérette en 3 actes et 4 tableaux de Jean Manse ; musique de Roger Dumas.
Création : Marseille, Théâtre des variétés, le 30 décembre 1935.
 

Affecté au 647ème Dragons, le soldat Boitaclou est un conscrit qui passe sans arrêt de l'hilarité à l'ahurissement et qui lorsqu'on lui demande comment il se prénomme, y va carrément d'une petite chanson :"...Ignace...Ignace... c'est un petit, petit nom charmant...".

Malgré ses évidentes qualités de bonne humeur, Ignace Boitaclou n'est pas apprécié par l'adjudant, qui lui inflige "30 jours", mais, né sous une bonne étoile, Ignace est recueilli par le colonel, "père du régiment" et bonne pâte d'homme, qui a besoin d'une ordonnance. Très à l'aise dans la place, Ignace commence à faire les yeux doux à la soubrette Annette, pour laquelle soupire également le jaloux soldat Philibert. Si le colonel est "bonnasse", la colonelle est impérieuse et dirige tout le monde à la baguette, y compris son soupirant transi le baron Gédéon des Orfraies, qui vient se soigner dans cette petite ville de Névreuse-les-Bains.

Dans la ravissante maison du colonel, les quiproquos abondent, les baisers clandestins pleuvent, les idylles s'enchevêtrent. Monique, la nièce, aime Serge, un aimable avocat; sa tante la destine cependant à l'insipide capitaine Boisdelisle. Le trouble augmente lorsque débarque l'impétueuse Loulette, vedette de music-hall, car tout en étant la maîtresse de Monsieur des Orfraies, elle est courtisée par le brave Durozier. "Oh là là là là, quelle famille", soupire mélodieusement Ignace qui s'évertue à appliquer la consigne d'Annette "tout voir, tout entendre, sans rien dire"...

En dépit de sa bonne volonté, les gaffes surgissent à chacun de ses pas. Elles culminent lorsque l'inspecteur-général prend le soldat Boitaclou, malencontreusement revêtu de l'uniforme du colonel, pour le colonel lui-même; il s'ensuit un repas où Ignace mal à son aise s'escrime sur sa part de homard à qui il fait accomplir un vol plané...

Le hasard joue pour lui, et son sourire et sa gentillesse. L'inspecteur ferme les yeux, le colonel reste la crème des hommes, la colonelle s'adoucit, Serge retrouve Monique, Ignace convole avec Annette. Ce n'est plus un vaudeville militaire, c'est un conte de fées!